Le Changement : Peur et Enjeux

LE CHANGEMENT : PEUR ET ENJEUX


Changement de Paradigme, de Monde, Transition, Évolution, Adaptation, … ; tous ces attributs concernent le Mouvement du Changement, soit le fait de quitter le connu avec tous les repères rassurants que nous y avons ancré, pour aller vers l’inconnu et toutes les peurs ou inquiétudes qu’il fait surgir en nous.

Le changement profond -tel que celui que nous (toute l’humanité) vivons actuellement, et à contrario du changement ou de la transformation superficielle de surface- est toujours un défi, un grand saut dans le vide où nous sommes contraints d’ouvrir nos ailes, de sortir de notre zone de confort habituelle pour créer le Nouveau -ce qui n’existait pas jusqu’ici et qu’aujourd’hui nous ne connaissons pas encore-.

C’est donc en avançant vers cet inconnu que nous serons en mesure de prendre connaissance des nouvelles situations, de les accepter, puis de nous y adapter « pour le meilleur »… ou « pour le pire » -ce qui n’est pas souhaitable, mais l’erreur fait partie de la loi d’évolution et c’est par l’erreur que nous apprenons le plus vite-. N’oublions pas que la qualité et la réussite de cette profonde et globale transformation planétaire dépendent directement de nos choix individuels et collectifs.

Le changement est évolution, mouvement, et il représente en ce sens une prise de risque, certes, par le fait de « s’aventurer vers un renouveau, vers l’inconnu ».

A contrario, la stabilité de l’immobilité ne permet aucune évolution. S’ancrer dans un conservatisme sourd aux adaptations que nous demande la Vie ne serait viable que dans le cas où nous serions « accomplis, finis, parfaits », ce qui  n’est pas le cas, et qui est impossible dans un univers où la perfection du Tout est elle-même en perpétuel mouvement évolutif (expansion physique de l’univers, augmentation de fréquence vibratoire). La perfection de l’univers évolue et s’optimise sans cesse. 

L’Enfant est le reflet de notre Enfant Intérieur, ils nous apprennent tous les deux à être des adultes aimants, justes et bons.

 

La Résistance au Changement

Ne pas accepter ce principe simple, c’est s’exposer inévitablement à la souffrance conséquente à la Résistance au Changement. Comme il nous est impossible de nous extraire de l’univers dans lequel nous vivons, il est suicidaire de vouloir retenir, freiner, contrôler ou stopper le flux d’évolution de cet univers. C’est un combat de l’inutile ; comme nager à contre courant dans une rivière, on s’épuise bien avant que la rivière n’ait épuisé son flux de force liquide.

C’est une voie de l’erreur qui nous conduit plus ou moins rapidement, en fonction de la force de  notre entêtement et de notre résistance à « encaisser », vers la prise de conscience de l’intelligence émotionnelle qui nous délivre, par l’acceptation et la compréhension de l’erreur, puis par la compréhension de ses racines. Les pensées générées par cette prise de conscience, vont influencer nos paroles, puis nos comportements, puis nos actes ; ainsi s’accomplit pas à pas notre évolution par adaptation.

Alors, pourquoi résiste-t-on, puisqu’on ne peut résister au sens imposé par l’évolution sans souffrir inutilement ? Parce que la peur de l’inconnu est la mère des peurs, et qu’elle est un comportement réflexe inscrit dans l’instinct de survie de chaque être vivant. La peur crée un stress, signal d’alerte indiquant qu’une situation présente ou proche exige toute notre attention et toute notre énergie.

Avoir une réaction de peur est normal, mais entretenir mentalement cette peur en nourrissant l’émotion que nous en avons ressenti ne fait que nous maintenir dans cet état d’alerte et de stress, et ainsi nous dilapidons notre énergie très rapidement.

C’est comme rester figé sur le quai au lieu de monter dans le wagon, au moment du coup de sifflet du chef de gare. Certains (de plus en plus nombreux) ont compris que le coup de sifflet donne le signal du départ, du mouvement vers l’avant, c’est ce qui fait qu’ils ont « plusieurs trains d’avance » ; et ils contribuent par leur avancée même à aider la prise de conscience de ceux qui sont restés paralysés sur le quai.

Comment dépasser la résistance au changement ?

La peur est un stimulateur d’énergie qui se traduit en stress. L’artiste de scène ou le sportif doivent apprendre à dompter et gérer ce déclenchement d’énergie et d’adrénaline, pour réussir leur performance ; c’est ce « trac » ressenti avant que le spectacle, la compétition ou le défi ne commencent.

« On the descent » / © Mason Ho – Mike Coots

Il en est de même pour tout un chacun, avec les défis du quotidien, sur le chemin de notre vie. Pour y parvenir, nous devons apprendre à exercer ce contrôle sur nous-même, pour transformer l’oppression stressante en stimulation et force interne : c’est le domaine du Développement Personnel.

« So excited » / © et surfeur inconnus

 

L’inter-relation ou inter-connexion : tout est lié

L’évolution collective dépend de l’évolution individuelle, car nous sommes tous interdépendants et tous reliés jusqu’à des niveaux de conscience ou vibratoires qu’on a encore peine à imaginer.
Entre l’Esprit et la Matière, il n’y a aucune séparation, sinon celle de nos propres divisions, issues de la dualité de notre monde qu’on nous a appris (formaté) à stigmatiser de façon archétypale (profondément inconsciente).

Cette vision duelle engendrant la division en nous,  se reflète dans toutes les facettes de notre vie, que ce soit individuellement ou collectivement, elle est notre structure inconsciente et donc la plus puissante, car l’activité subconsciente représente environ 90% de notre activité cérébrale : le conscient ne peut ce que le subconscient ne veut. 

Pour changer ce formatage idéologique, il est nécessaire que la conscience accepte et reconnaisse cette vision duelle, sans la rejeter, pour qu’elle puisse aller à la rencontre de la subconscience (la voie profonde de la vérité), par la méditation par exemple.

Bouddha a dit :

« étudier l’ego, c’est se libérer de l’ego » 

(la dualité est la voie et la voix de l’ego), et il enseignait aussi que :

« plus vous luttez contre quelque chose, et plus vous le rendez fort »,

ce qui reflète l’escalade de la violence, lorsqu’on reste sur le même registre violent de réponse ou de réaction, situation engendrant la destruction et l’autodestruction (par toutes les répercutions de l’expression de la violence sur ses protagonistes), donc absolument rien de constructif.

Contrairement à ce que pensent encore beaucoup de personnes, la force est dans la souplesse, l’adaptabilité, et parfois la résilience ; toute forme de violence est une faiblesse puisqu’elle exprime explicitement la perte de contrôle sur soi-même (complexe d’infériorité) que l’on cherche à compenser par la prise de contrôle sur l’Autre (complexe de supériorité).

Et contrairement à ce que pensent certains autres, la résilience, ce n’est pas abandonner nos objectifs, mais les repositionner en fonction des situations à gérer en priorité. Observez la force de l’eau et sa force d’adaptation : elle contourne tous les obstacles, remplit les creux pour les franchir, elle tourbillonne et génère des vortex (des spirales de forces), elle abrase et perce la roche, le métal… En Extrême-Orient, la Voie de l’Eau est connue comme la « Voie de moindre résistance ».

Ce que nous sommes oriente notre vie et imprègne les autres à chaque instant, consciemment et inconsciemment, et pas seulement dans la proximité, mais aussi sur une « connexion distante » comme lors d’une conversation téléphonique, ou d’une pensée  ; et ce que sont les autres nous imprègne également. 

Par exemple, qui ne s’est pas senti épuisé en sortant d’un long trajet en métro ? Le stress situationnel, énergétique et émotionnel s’y combinent pour faire un cocktail ravageur sur notre état de bien-être. Autre exemple, des parents éloignés à des milliers de kilomètres de leurs enfants peuvent « sentir » en temps réel si ces derniers courent un danger.

Ce phénomène d’inter-connexion entre humains, mais aussi entre chaque atome de l’univers, est une autre loi universelle que l’on retrouve partout dans la nature. Regardez par exemple l’intelligence de réseau des arbres, qui échangent des informations par leurs systèmes radiculaires, comparable à un « réseau neuronal collectif » (pour alerter la communauté de l’arrivée d’un danger comme un parasite, par exemple) ; pourtant ils « ne sont que » des arbres. On peut également comparer ce système naturel de communication à nos réseaux sociaux.

Ce phénomène d’inter-connexion ne se voit pas (sinon dans ses effets, pour celles et ceux qui en sont conscients et perceptifs et qui y prêtent attention), mais tout comme l’électricité qu’on ne voit pas, c’est une énergie puissamment fonctionnelle et active en permanence.

C’est un lien puissant de rassemblement et de cohésion, comme celui qui unit un peuple se levant pour protéger ses droits citoyens ou constitutionnels, contre une gouvernance décadente, abusive et outrancière.

C’est un thème d’actualité avec le Mouvement des Gilets Jaunes en France (soit environ 80% de manifestants, partisans et sympathisants et citoyens français -entre ceux qui le proclame haut et fort et ceux qui sont plus prudents et ne se mettent pas en avant-), mais aussi en Europe, et les mouvements populaires similaires qui émergent et se lèvent dans le monde entier …

Cette inter-connexion est plus qu’un concept ou qu’une théorie, c’est la réalité de nos potentialités à créer, cultiver et vivre dans un monde équitable, solidaire, respectueux de toute forme de vie.

Pour allez plus loin dans le cœur du sujet, je vous propose la lecture de « L’Entraide, l’autre loi de la jungle » de Pablo Servigne et Gauthier Chapelle :

https://www.idees-livres.fr/livres/cooperation/l-entraide-l-autre-loi-de-la-jungle.html

Description de l’ouvrage de Pablo Servigne et Gauthier Chapelle, traitant de l’interdépendance sociale :

« Dans cette arène impitoyable qu’est la vie, nous sommes tous soumis à la « loi du plus fort », la loi de la jungle. Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète.

Aujourd’hui, les lignes bougent. Un nombre croissant de nouveaux mouvements, auteurs ou modes d’organisation battent en brèche cette vision biaisée du monde et font revivre des mots jugés désuets comme « altruisme », « coopération », « solidarité » ou « bonté ». Notre époque redécouvre avec émerveillement que dans cette fameuse jungle il flotte aussi un entêtant parfum d’entraide…

Un examen attentif de l’éventail du vivant révèle que, de tout temps, les humains, les animaux, les plantes, les champignons et les micro-organismes – et même les économistes ! – ont pratiqué l’entraide. Qui plus est, ceux qui survivent le mieux aux conditions difficiles ne sont pas forcément les plus forts, mais ceux qui s’entraident le plus.

Pourquoi avons-nous du mal à y croire ? Qu’en est-il de notre ten­dance spontanée à l’entraide ? Comment cela se passe-t-il chez les autres espèces ? Par quels mécanismes les personnes d’un groupe peuvent-elles se mettre à collaborer ? Est-il possible de coopérer à l’échelle internatio­nale pour ralentir le réchauffement climatique ?

À travers un état des lieux transdisciplinaire, de l’éthologie à l’anthro­pologie en passant par l’économie, la psychologie et les neurosciences, Pablo Servigne et Gauthier Chapelle nous proposent d’explorer un im­mense continent oublié, à la découverte des mécanismes de cette « autre loi de la jungle ». »

 

Conclusion

Comprendre les lois universelles est une nécessité absolue du temps de transition globale, ou changement de paradigme que nous traversons, car elles régissent l’Humain dans ses fonctionnements et développements.

Deshimaru Taisen Sensei, le maître qui a fait découvrir et a développé le Zen en France puis en Europe, disait :

« une main fermée ne peut rien obtenir, pour recevoir la main doit s’ouvrir » ;

et Kobayashi Hirokazu Sensei, élève du maître fondateur de l’Aikido Ueshiba Morihei Ô Sensei, et fondateur de l’École Kokusai Aikidô Kenshukai Kobayashi Hirokazu Ryûha, disait :

« il faut donner, donner, donner encore, pour recevoir ».

L’Ouverture et le Don de soi sont des gages de confiance en soi, ils la cultivent et la renforcent.

La gestion de la Peur peut se résumer dans la règle des « 3 P » :

  1. Peur : la reconnaître et l’accepter, l’observer, la comprendre ;
  2. Pardon : se pardonner et pardonner pour se libérer des regrets de l’erreur de pensée ou de comportement, de la culpabilité ;
  3. Paix : cet état de profonde sérénité, comme lorsqu’on a pris la bonne décision ou accomplit avec justesse en accord avec notre intégrité personnelle, est l’état de libération de la peur, qui résulte de la libération de la culpabilité et du ressentiment par le pardon.

Nelson Mandela a dit :

« Le pardon libère l’âme, il fait disparaître la peur. C’est pourquoi le pardon est une arme si puissante ».

Chacun a le choix, ici et maintenant, de décider d’apprendre à se libérer de l’illusion et de la peur, et se réapproprier ainsi toute ses potentialités créatives et évolutives en harmonie avec l’évolution globale et naturelle ; ou bien décider de céder le pouvoir à la peur et de vivre dans la peur.

Les Amérindiens, lorsqu’ils doivent prendre des décisions individuelles importantes, sont tout aussi entiers que lors des conseils tribaux, car ils anticipent et agissent toujours pour le bien des sept générations à venir. C’est une belle règle d’intégrité et d’action responsable, une sage vision de l’impact que l’Humain peut avoir sur son environnement naturel et sur son espèce.

Crazy Horse, Chef de la tribu Sioux Oglala-Brûlé / Lakota, né vers 1840 et mort en 1877 disait :

« Traitez bien la Terre, elle ne vous a pas été donnée par vos parents, elle vous a été prêtée pour vos enfants. »

« À la rencontre de deux générations » © Thérèse Ottawa

Source : © Franck Cohendet - Janvier 2019 - St-Germain-des-Prés, Paris, France

Conseil, formateur, coach et thérapeute.

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